Pour l’édito de ce mois-ci, nous aurions pu parler du 8 mars celui de la journée internationale des droits des femmes, qui fête cette année sa 100ème. Nous aurions pu regretter que, comme chaque année, il faille attendre ce jour-ci pour que les grands médias accordent quelques lignes ou quelques minutes d’audience pour parler des réalités que vivent les femmes. Une réalité faite de violence, de dominations et d’exploitation.
Nous aurions alors affirmé notre combat pour l’égalité qui doit se poursuivre et s’amplifier face au recul des mentalités et à la remise en cause des droits des femmes comme celui à l’IVG, alors même que la loi Weil célèbre elle aussi un anniversaire, celui de ces 35 ans.
Pour l’édito de ce mois-ci,nous aurions pu parler de l’autre 8 mars, celui des salariés de TOTAL, qui menacés de licenciement, bien que la multinationale ait réalisé 7,8 milliards de bénéfices en 2009, ont défendu leur emploi devant le siège de la direction, qui leur a répondu par les matraques de C.R.S.
Nous aurions alors revendiqué notre projet de loi contre les licenciements boursiers, mais aussi du rejet à 65% de la population, du projet de réforme de retraite qui prévoit d’allonger le départ d’âge légal à la retraite et la durée de cotisations.
Pour l’édito de ce mois-ci, nous aurions pu parler d’élections régionales, du score honorable du Front de gauche, de la montée inquiétante de l’abstention qui préoccupe la droite seulement quand elle l’a met en difficulté.
Nous aurions alors analysé les + de 60% d’abstention dans les villes populaires comme Bobigny, le retour du Front National avec des résultats atteignant parfois 20% comme en P.A.C.A, la possibilité de 22 régions dirigées par des conseils à gauche et des perspectives politiques que cela engendre.
Pour l’édito de ce mois-ci, nous aurions pu parler de la manifestation pour le droit au logement qui a réuni quelques milliers de personnes, dénonçant la fin de la trêve hivernale des expulsions locatives (15mars).
Nous aurions alors rappelé dans notre département, les 6000 enfants en errance, les 13000 familles expulsées en 2009, du droit à avoir un toit reconnu comme fondamental par l’O.N.U, la nécessité à construire 120000 logements sociaux par an et celle de créer un service public de l’habitat.
Mais pour l’édito de ce mois-ci, nous voulons rendre hommage à Jean Ferrat : Parce que nous perdons un artiste talentueux et engagé, souvent censuré, qui faisait vivre et aimer la poésie, Parce que nous perdons un homme de convictions, de valeurs humaines et progressistes, fidele à ses engagements. Parce que nous perdons un homme qui chantait la misère, l’exploitation, l’amour, l’espoir, le quotidien et les rêves des « simples gens ». Parce que nous perdons un camarade. Et pour finir cet édito, nous voulons partager ces vers que nous fredonnerons encore longtemps.
Picasso tient le monde au bout de sa palette Des lèvres d’Éluard s’envolent des colombes Ils n’en finissent pas tes artistes prophètes De dire qu’il est temps que le malheur succombe Ma France
Cet air de liberté au-delà des frontières Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige Et dont vous usurpez aujourd’hui le prestige Elle répond toujours du nom de Robespierre Ma France