Mouvement des jeunes communistes
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Introduction d’Actualité Politique Générale
Présentée par Manuel Blasco

Savions-nous, lorsque nous avons convoqué cette assemblée nationale des animateurs l’importance que celle-ci prendrait. Il y a près de 3 mois nous étions 175 jeunes et étudiants communistes à traverser l’océan et à ramener dans nos villes, nos universités, nos lycées et nos quartiers les espérances, les colères et les révoltes des 17 000 jeunes qui ont participé au Festival Mondial des Jeunes et des Etudiants. Il y a maintenant six mois, le peuple français refusait le traité constitutionnel européen après une campagne politique ô combien intense et dans laquelle nous avons pris une place importante. Mais il est bien évident que la situation en France donne un nouveau relief à l’assemblée de ce week-end.

Il y a maintenant près de deux semaines, deux jeunes sont morts. Ils sont morts parce qu’ils ont voulu éviter un contrôle de police ; pour cela ils se sont mis en danger, tragiquement. Ce qu’a d’abord découvert la France entière c’est la réalité des rapports entre une partie des jeunes et la police. La réalité des contrôles au faciès, des insultes mais aussi la réalité de la solitude que vivent ces jeunes face à ces multiples injustices. Cet événement a entraîné une multitude de violences et de dégradations dans les quartiers populaires.

Disons-le tout net. Rien ne peut justifier ces violences et ces destructions. Nous qui agissons pour plus de services publics, nous ne pouvons accepter que l’on détruise des crèches, des écoles, des gymnases, des bus ou des rames de RER, alors que depuis des années, le pouvoir réduit les moyens affectés à ces équipements comme il réduit ceux des collectivités territoriales et des associations. Nous ne pouvons accepter non plus qu’on brûle des véhicules, qu’on dégrade des habitations, de surcroît dans des quartiers déjà malmenés où vivent des populations souffrant de la baisse du pouvoir d’achat, du chômage et de la précarité. Il faut d’urgence que cela cesse ! Il faut dire non aux violences. Mais dire non aux violences signifie aussi dire stop aux violences sociales que vivent les jeunes, les salariés dans notre pays et ailleurs. C’est je crois le message que portent depuis le début des violences les milliers de gens, de militants, d’élus qui se sont rassemblés à Villejuif, à La Courneuve, à Clichy sous Bois, à Givors, etc. Alors que nombreux sont ceux qui essaient de stigmatiser la population qui vit dans les quartiers populaires, celle-ci a toutefois décidé de ne pas baisser la tête. Et en premier lieu face aux insultes que lui fait le gouvernement Villepin-Sarkozy. Combien sonnent aujourd’hui les paroles du ministre de l’intérieur, qui en tant que ministre d’Etat porte la parole de la France. Il y avait déjà eu le coup du « nettoyage au kärcher » de La Courneuve après la mort du petit Sidi Ahmed au mois de juillet. Depuis le début des violences, Nicolas Sarkozy ne cesse de grimper dans l’échelle des provocations, des propos racistes et gros de stigmatisations. Il y a bien stigmatisation parce qu’il assimile les populations des quartiers populaires à des citoyens de seconde zone ; racistes, ses propos le sont bien quand il met un trait d’égalité entre délinquance et étrangers. Parce qu’il ne s’exprime pas qu’en son nom, nous devons dénoncer ses propos et demander réparation. Mais ses propos outrageux sont aussi là pour masquer que c’est la politique du gouvernement auquel il appartient qui aggrave la situation dans les quartiers populaires et, plus largement, dans la France entière. Car en trois ans de gouvernement, la droite a sérieusement mis à mal les dispositifs de solidarité bâtis depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Est-il besoin de rappeler toutes les réformes régressives mis en place par Raffarin et Villepin ? Casse du système de retraites, d’assurance chômage et de sécurité sociale, loi Fillon et réforme Licence-Master-Doctorat, le Contrat Nouvelle Embauche, etc. Mais aussi les nombreuses privatisations d’entreprises publiques comme celle qui se déroule en ce moment même pour EDF. Et avec à chaque fois la même rengaine : la gestion publique est une catastrophe, les usagers en profitent trop, les fonctionnaires sont incompétents... Et ce sont les mêmes qui demandent aux citoyens le respect de l’ordre républicain. Alors que leurs réformes ont très souvent suscité la désapprobation des Français. Rappelons-nous des centaines de milliers de manifestants contre la réforme des retraites. Le gouvernement est resté sourd à toutes ces revendications et est resté droit dans ses bottes. Rappelons-nous aussi du traitement réservé aux lycéens manifestant contre la loi Fillon. Rappelons-nous le mépris du ministre de l’éducation, les matraquages de la police, les mises en examen. A la surdité, le gouvernement a souvent joint l’autoritarisme. Ce mépris a aussi débouché sur de sérieux revers électoraux pour la droite. D’abord en 2004 avec les élections cantonales et régionales. Puis, il y a 6 mois, avec le référendum sur le projet de constitution européenne. A chaque fois, le gouvernement a dit avoir entendu le message des électeurs. Comment aurait-il pu faire autrement tant le message du 29 mai et de la campagne qui l’a précédé était clair, tant le refus de la mise en concurrence des hommes était net ? Alors oui, les événements actuels traduisent une véritable crise de société. Une crise qui ne s’arrête pas aux quartiers populaires mais dans lesquels les populations sont les premières touchées. Je serais tenté de dire que pour nous, cela n’est pas nouveau. Mais ces événements disent combien il est urgent, notamment pour les communistes, de construire une alternative politique. Combien il est urgent aussi de concrétiser cette alternative politique à travers des batailles fortes portant des valeurs de respect, de justice sociale, de dignité. Et cela sur tout ce qui touche à nos vies. Cette assemblée nationale des animateurs doit être utile à cela. Utile à construire des luttes pour mettre fin à toutes les discriminations, pour que chacun compte pour un, quels que soient ses origines, son sexe, son orientation sexuelle, pour mettre en place une véritable citoyenneté de résidence. La société ne peut plus accepter que, parce qu’un jeune a un nom à consonance étrangère ou habite les 4000, il ne puisse pas accéder à un emploi ou trouver un appartement. Utile pour éradiquer la précarité dans le travail et mettre en place une véritable sécurité d’emploi et de formation. Il y en a assez des contrats à durée déterminée, des stages non rémunérés et des conditions de travail iniques. Chaque homme, chaque femme doit pouvoir faire des projets au-delà de quelques mois. Utile pour construire une éducation épanouissante pour tous. Assez des formations au rabais et tournées uniquement vers les besoins des entreprises. Assez du lycée à plusieurs vitesses et de l’université des inégalités. Chaque jeune doit pouvoir faire ses choix de formation et de vie en toute sécurité, d’où qu’il vienne et où qu’il soit. Utile enfin pour faire vivre nos valeurs progressistes partout dans le monde, pour que, de Gaza à Bagdad, la paix et l’autodétermination des peuples soient reconnues. Il est urgent que la guerre, les armes, la pauvreté soient rayées de la carte. Voilà à ce à quoi nous devrons nous atteler pendant ces quelque deux jours. Je débutais mon propos en soulignant l’importance de cette assemblée nationale des animateurs. Il n’est en effet pas commun, alors que beaucoup stigmatisent la jeunesse de France, que deux cents jeunes soient réunis pendant deux jours pour faire de la politique. Cette assemblée doit aussi être un signe donné à toute la jeunesse et à toute la société. Un signe qu’il ne faut pas se résigner face aux inégalités, face à ce monde qui marche sur la tête. Les message peut être entendu. La campagne référendaire est là pour le prouver. Alors que les principaux partis politiques soutenaient le texte, que l’immense majorité des média ne montraient qu’un versant de celui-ci, des hommes et des femmes se sont rassemblés pour porter le NON. Nous étions de ceux-là, pourtant il est vrai peu nombreux il y a encore un an.


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