Camarades ne rêvez pas, Ciotti n’est pas un député Communiste qui vient de se battre contre vents et marées pour faire adopter une loi visant à réduire les inégalités sociales ou revenir à la retraite à 60 ans… non non non, Ciotti est bien un député de la majorité a œuvré pour une loi qui stipule la permission de suspendre ou même de supprimer les allocations familiales en cas d’absentéisme scolaire régulier d’un enfant.
Il est évident qu’une loi aussi Répugnante (avec un grand R) fasse réagir les Jeunes Communistes de Seine Saint Denis. Cette loi pose plusieurs problèmes et laisse perplexe quant aux intentions du gouvernement qui montre encore une fois que pour affaiblir les plus pauvres, il est toujours présent. Si seulement cela pouvait être le cas lorsqu’il s’agit de taxer les plus riches (ne rêvons pas)…
Tout d’abord l’explication de cette loi est nécessaire. Partant du constat que nous partageons tous que dans beaucoup de collèges et lycées et particulièrement les plus sensibles, il y a trop d’absentéisme et que donc beaucoup d’élèves sortent de l’école sans diplôme et connaissent très tôt le chômage et la précarité, le gouvernement a voulu agir. Cela aurait pu être noble si ça n’avait pas été fait de cette manière ! La seule proposition du gouvernement est en effet de supprimer les allocations familiales aux familles qui « démissionneraient » en laissant leurs enfants traîner dans les rues au lieu d’aller en cours. Sarkozy et son gouvernement connaissent tellement bien les gens qui vivent ces situations qu’ils doivent penser que certains parents aiment voir leurs enfants mettre leur avenir en péril, sans s’inquiéter outre mesure. Et bien monsieur Ciotti (et les autres) ce n’est pas le cas ! Personne n’aime rencontrer ces situations et ce n’est pas en affaiblissant encore plus des familles qui sont peut-être déjà en difficulté financière que vous aiderez ces jeunes à retrouver l’envie d’aller à l’école.
Cette loi montre seulement que l’Etat est tellement incapable d’intégrer certains élèves en difficulté au système scolaire qu’il se contente d’attaquer les familles au portefeuille. Une réponse éducative pour réformer un système éducatif qui ne parvient pas à donner sa chance à chaque élève aurait certainement été trop demander au gouvernement.
Cela laisse perplexe quand au rôle que le gouvernement tend à donner à l’école. Déjà que l’on croise de plus en plus de flics devant les lycées de Seine Saint Denis, l’école va-t-elle devenir uniquement un outil de répression pour le gouvernement ? C’est parti pour l’être en tout cas…
De plus la méthode laisse une fois encore perplexe. Qui peut penser sérieusement que des parents soient heureux et laissent délibérément leurs enfants sortir du système scolaire ? Sarkozy apparemment. Encore une fois au lieu d’aider les gens, de leur permettre de résoudre leurs problèmes par eux-mêmes, on les enfonce, on les met au pied du mur, en ésperant que la peur de ne pas manger le mois prochain puisse donner envie a un collégien de se lever le matin pour aller en cours. Permettez-moi une réflexion monsieur Ciotti : Cela n’a rien à voir ! On vous pose un problème éducatif, scolaire et vous répondez sanction financière. Vous êtes simplement hors-sujet, votre loi vaudrait un jolie zéro si vous étiez encore scolarisé.
Enfin il convient de poser une réflexion plus globale sur le sujet et la politique que nous propose le gouvernement en matière d’éducation. Cela car cette loi Ciotti entre dans le cadre des dernières réformes du gouvernement qui semble vraiment vouloir créer une école à deux vitesses, ceux qui font l’élite et ceux qui prennent des amendes. En effet les bourgeois ne seront pas pénalisés outre mesure par ce décret. Par contre les smicards, les familles monoparentales ou au contraire les familles nombreuses aux ressources modestes vont le sentir passer. Non seulement ces gens seront inquiets pour l’avenir de leurs enfants mais également par le manque à gagner à la fin du mois. Il me semble que ce n’est pas très juste comme procédé…
Cette loi est donc le signe d’un désaveu total du gouvernement qui ne sait manifestement pas comment régler ce problème et laisse clairement planer le doute sur ses compétences en matière d’éducation. De plus on peut se poser la question de l’état des enfants qui iront à l’école sous une contrainte financière, assez responsable pour comprendre que sa famille ne peut pas vivre décemment sans les allocations familiales. Avec tant de contrainte il est évident que les enfants ne seront pas stimulés et n’auront aucune envie de participer au cours. Il y aura bien une présence physique mais en aucun cas un quelconque intérêt pour ce que raconte le professeur. Les élèves ne seront que révoltés par ce système injuste.
Alors quelle sera la prochaine étape ? Supprimer les allocations familiales lorsque l’enfant n’écoute pas en classe, qu’il a des mauvaises notes ou trop de mots dans son carnet de correspondance ? Ne riez surtout pas, ils en sont capable…