L’émotion est palpable dans la salle du tribunal de la prison de Shata ou les 3 jeunes communistes sont installés en attendant Salah Hamouri hier à 11 heures du matin. Salah apparait après de longue minutes d’attente, toujours le regard déterminé, mais plus amaigrit que lors de notre dernière visite en juillet dernier.
Après des saluts fraternels, Salah, comme toujours, a préparé son entrevue. Et comme toujours il commence par employer le « nous » à la place du « je », replaçant toujours le combat collectif et politique avant son cas personnel.
Les raisons de son amaigrissement ? C’est en raison de la grève de la faim entamée avec ses codétenus le 23 septembre dernier avec 4 revendications principales : la fin de l’isolement inhumain qui cassent psychologiquement les prisonniers « un homme mis à l’isolement plusieurs années, seul, menotté toute la journée, avec juste une heure par jour de sortie, est ensuite cassé. Il ne peut plus vivre ne serait-ce qu’en cellule avec d’autres détenus. Est-ce normal ? ». Ils exigent également le rétablissement de tous ce qui leur ont été enlevés : suppression des cours, suppression des chaines de télé en arabe, interdiction des livres (il mous a été impossible de le lui remettre un livre de poésie, même avec l’intervention du consul français), « c’est un crime de nous interdire de lire, car c’est nous interdire de penser et de rêver ».
La troisième revendication, c’est le droit de visite pour tous les prisonniers. Ceux de gaza en sont privés depuis 2006 et les parents des prisonniers de Cisjordanie doivent obtenir des autorisations assez difficiles pour pouvoir les visiter en Israël. Salah lui-même a été privé de visite pendant un mois en octobre après sa grève de la faim. Enfin la 4eme revendication est celle de la libération des 18 malades du cancer en phase terminale « la chimiothérapie est interdit en prison, il faut que ses malades retrouvent leurs familles ». Cette grève, entamée le 23 septembre dernier s’est achevée le 17 octobre après la signature d’un accord sur les 4 revendications. Mais l’autorité pénitentiaire israélienne joue la montre. Elle se donne 3 mois pour signer l’accord et alimenterait même la rumeur que cet accord n’a jamais été signé. Ce mouvement de grève de la faim pourrait donc reprendre prochainement préviennent les prisonniers palestiniens.
Salah continue de suivre l’actualité
la répression en Syrie « Assad doit partir, il ne peut pas résister a la volonté démocratique de son peuple », les nouvelles révoltes en Egypte « le peuple n’as pas chassé Moubarak pour voir s’installer un nouveau régime militaire ». Mais c’est bien évidemment sur ce qui se passe en Palestine que Salah est le plus prolixe.
Pour lui l’unité de son peuple est toujours le plus important. Il l’a redit avec force et conviction hier « nous devons impérativement être unies, pour nous libérer ». Il soutient la demande palestinienne a l’ONU et appelé tous les peuples à faire pression sur leur gouvernement pour qu’il vote pour au conseil de sécurité puis à l’assemblée générale. Il a une phrase pour le gouvernement français « la France doit reprendre son rang dans la région et s’affranchir des américains et de leur politique désastreuse. Le vote à l’Unesco c’est bien, mais ce n’est pas suffisant. Elle doit voter pour au conseil de sécurité »
Et nous évoquons sa prochaine libération
Salah, peu habitué à parler de lui, se lance. Il le répète pour lui, c’est la date du 28 novembre qui compte, celle inscrite dans des documents officiels, comme celui de la croix rouge international cosigné par les autorités israéliennes. Salah résume bien en quelques mots l’action du gouvernement français en sa faveur « Dans mon cas, la voix de la France est vraiment douce dans les oreilles du gouvernement israélien ».
Salah nous lâche ses derniers mots, comme une confidence « je pensais être libre dans 4 jours, maintenant c’est dans 4 mois.... en 4 mois, on peut en faire des choses »
Les 3 jeunes communistes repartent après une heure 30 d’entretien. Et alors tout reprend du sens. De la pétition signée devant un lycée, à l’affiche collée... le bien précieux de la mobilisation de chaque jeune communiste et de tous ceux qui luttent pour lui est déterminant pour le moral de Salah. Ils lui ont volé 7 ans de liberté. Ils ne lui le voleront pas un jour de plus, le 28 il doit être libéré ! Pour cela nous avons une force c’est notre nombre ! Liberté pour Salah, liberté pour tous les palestiniens, liberté pour la Palestine !
Dimanche 27 novembre à 15h30
Parvis des droits de l’Homme (Trocadéro) à Paris
Tous les acteurs de cette lutte sont evidemment invités.